L'émeute inventéeLe 21 mai 1832, Daniel Tracey, immigrant irlandais, mdecin et directeur du Vindicator, journal proche des revendications des patriotes, est sur le point de l'emporter dans une lection partielle dans le Quartier Ouest de Montral. Des magistrats qui soutiennent son adversaire, le loyaliste Stanley Bagg, font alors appel l'arme. La troupe fait feu sur de prtendus meutiers, et trois passants innocents sont tus. Or, comme le montre James Jackson dans cette
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Le 21 mai 1832, Daniel Tracey, immigrant irlandais, médecin et directeur du Vindicator, journal proche des revendications des patriotes, est sur le point de l'emporter dans une élection partielle dans le Quartier-Ouest de Montréal. Des magistrats qui soutiennent son adversaire, le loyaliste Stanley Bagg, font alors appel à l'armée. La troupe fait feu sur de prétendus émeutiers, et trois passants innocents sont tués.
Or, comme le montre James Jackson dans cette magistrale enquête historique, il n'y a tout simplement pas eu d'émeute sur la rue Saint-Jacques. Le grand jury qui a innocenté les soldats, les officiers et les magistrats qui les avaient appelés était partial. On avait soigneusement veillé à ce qu'une majorité de fermiers protestants anglais récemment arrivés au pays se prononcent sur les circonstances de la mort de trois Canadiens français catholiques.
Étrangement, les historiens ont globalement accepté un récit officiel fabriqué de toutes pièces il y a 180 ans. Il était plus que temps de faire la lumière sur cette affaire d'État, qui a impliqué les autorités militaires, politiques et judiciaires cinq ans à peine avant les rébellions des patriotes.